Réseau d’aide

Réseaux d’aide

Au Québec, il existe une grande diversité de ressources qui cohabitent en trois grands réseaux qui sont souvent interconnectés. Le réseau public de la santé offre une grande diversité de formes médicales et sociales d’aide en santé mentale. Il y aura de l’évaluation, des traitements, une urgence spécialisée en santé mentale, des approches variées, des ressources d’intégration sociale, des cliniques spécialisées sur un trouble spécifique de santé mentale, etc.

Dans le réseau communautaire, subventionné en bonne partie par l’État et soutenu par leur communauté, il y a des organismes à but non lucratif spécialisés en santé mentale qui offrent différentes activités, programmes et thérapies à des gens qui reconnaissent vivre avec un problème social ou mental. Pour la plupart de ces organismes, il n’est pas nécessaire d’avoir un diagnostic pour avoir accès à ce qu’ils offrent. Plusieurs organismes sont dédiés aux parents et proches.

D’autres organismes communautaires vont offrir de l’aide aux gens qui vivent avec des problèmes de toxicomanie ou d’itinérance dont plusieurs vivent avec des troubles de santé mentale. Un grand nombre d’organismes interviennent aussi dans l’aide alimentaire, le logement, etc.

Vous trouverez plus de détails sur les réseaux communautaire, public et privé dans les pages suivantes.

Quels types de services sont offerts dans les Centres Intégrés Universitaires de Santé et Services sociaux — Centres Intégrés de Santé et Services sociaux (CIUSSS-CISSSS) ?

Dans l’ensemble du Québec, les établissements du réseau de la santé et des services sociaux sont regroupés en 9 Centres intégrés universitaires de santé et de services sociaux (CIUSSS) et en 13 Centres intégrés de santé et de services sociaux (CISSS).

Dans un CIUSSS ou un CISSS, on retrouve un ou des centres hospitaliers (CH), des centres locaux de services communautaires (CLSC), des centres d’hébergement de soins de longue durée (CHSLD), des centres de protection de l’enfance et de la jeunesse (CPEJ) et des centres de réadaptation (CR) et diverses autres ressources.

Depuis une dizaine d’années, le ministère de la Santé et des Services sociaux a réorganisé les services en santé mentale en trois lignes. En voici la description[1] :

La première ligne

Le premier niveau d’accès aux services est celui des services de première ligne. Les services de première ligne sont des services universellement accessibles qui servent à promouvoir la santé, à prévenir les maladies et à offrir des services diagnostics, curatifs et de réadaptation à toute la population. Ces services visent à répondre à des problèmes de santé ou à des problèmes sociaux usuels et variés et doivent être offerts près des milieux de vie des personnes.

Les services de première ligne en santé mentale sont de deux ordres : des services généraux offerts à toute la population et des services de première ligne spécialement destinés à la santé mentale.

Les services de première ligne sont offerts par les CSSS, les cliniques médicales, les groupes de médecine de famille (GMF), les psychologues en milieu scolaire ou en cabinet privé et certains organismes communautaires, et pour les cas urgents, par les centres hospitaliers. Dans les CSSS, les équipes de santé mentale, en collaboration étroite avec les professionnels de leur territoire (médecins et intervenants psychosociaux), particulièrement ceux des GMF, pourront traiter en première ligne la majorité des personnes après que celles-ci aient été évaluées au guichet d’accès.

La deuxième ligne

Le deuxième niveau de services regroupe les services de deuxième ligne qui soutiennent les services de première ligne. Sauf exception, les personnes qui accèdent à ces services devraient y avoir été dirigées par un intervenant des services de première ligne.

Les services de deuxième ligne font appel à une expertise spécialisée. Ils doivent soutenir les équipes de première ligne et traiter les personnes qui ne peuvent recevoir un traitement adéquat à ce niveau.

Les services de deuxième ligne sont offerts par les CSSS, par certains organismes communautaires et par tous les centres hospitaliers qui offrent des services psychiatriques. Si l’on se réfère à la gamme de services du présent plan d’action, les services de deuxième ligne sont les suivants : l’évaluation et le traitement spécialisés, l’hospitalisation et le suivi intensif.

Ils incluent également le soutien spécialisé pour les enfants et les jeunes.

La troisième ligne

Le troisième niveau d’accès, soutenant le premier et le deuxième niveau, est celui des services de troisième ligne. Ces services sont offerts dans un nombre limité d’endroits et sont accessibles seulement aux personnes qui sont orientées à partir d’un autre niveau de services. Ils s’adressent à des personnes ayant des problèmes de santé très complexes, dont la prévalence est faible, ou dont la complexité requiert une expertise qui ne peut être offerte par les services de deuxième ligne.

Entrées dans le réseau public

Il existe différentes portes d’entrée afin d’avoir accès à de l’aide du réseau public en santé mentale.

Demande au CLSC

Le centre local de services communautaires (CLSC) reçoit les personnes qui se présentent et offrent des services d’accueil, évaluation, orientation et référence (AEOR). On peut se présenter sans rendez-vous ou téléphoner pour en prendre un afin de s’assurer d’être rencontré au moment où l’on se présentera.

Guichet d’accès en santé mentale (GASM)[2]

Selon les orientations du ministère, le guichet constitue la principale voie d’accès en matière de soins et services en santé mentale. Le guichet c’est généralement un des professionnels en santé mentale du CISSS-CIUSSS qui évalue les besoins de la personne afin que le réseau public offre « le bon service à la bonne personne, par le bon intervenant, au bon moment, pour la bonne durée et au bon endroit »[3]. Ces services peuvent être nombreux.

La demande d’évaluation peut provenir d’un médecin de famille, d’un professionnel de la santé et des services sociaux ou d’un intervenant d’un organisme communautaire ayant une entente avec le CISSS-CIUSSS.

Centre de crises et Urgence

Dans plusieurs régions du Québec, les CISSS-CIUSSS disposent de deux services pour répondre à certaines situations très problématiques : l’urgence psychiatrique dans un centre hospitalier et le centre de crise logé dans la communauté.

Le centre de crise[4] offre un hébergement temporaire à très court terme pour permettre à la personne de se ressaisir pour éventuellement reprendre son quotidien dans de meilleures conditions.

L’Urgence accueillera des gens qui ont des difficultés majeures qui, si elles ne se résorbent pas, peuvent mener à une hospitalisation.

La confidentialité

Des personnes de l’entourage peuvent vouloir contribuer au processus menant au diagnostic ou vouloir connaître le diagnostic. L’article 19 de la Loi sur les services de santé et les services sociaux[5] protège la confidentialité du patient (sauf dans certaines situations très spécifiques) :

Le dossier d’un usager est confidentiel et nul ne peut y avoir accès, si ce n’est avec le consentement de l’usager ou de la personne pouvant donner un consentement en son nom.

Dans le Plan d’action en santé mentale 2015-2020[6], on distingue clairement le fait d’écouter ce que l’entourage veut communiquer et le fait de révéler le diagnostic quand la patiente ou le patient veut conserver la confidentialité à propos de son état de santé.

Encore aujourd’hui et malgré la reconnaissance de l’importance de leur rôle, des membres de l’entourage des personnes atteintes d’un trouble mental n’ont pas le sentiment de participer à la mesure des responsabilités qu’ils assument. Dans l’exercice de leur rôle d’accompagnateur, des proches sont maintenus à distance de l’équipe soignante ou des intervenants, ce qui rend difficile la transmission d’information ou d’observations pouvant être utile à l’évaluation de l’état clinique de la personne qui reçoit des soins. Il semble que certains intervenants refusent d’écouter les membres de l’entourage, un comportement qu’ils justifient par le respect de la confidentialité. Pourtant, l’écoute ne brime en rien les droits de la personne utilisatrice de services. De plus, le Code de déontologie des médecins du Québec, comme celui d’autres professionnels de la santé, fait état de l’obligation qu’ont ces derniers de collaborer avec les proches du patient ou avec toute autre personne qui montre un intérêt significatif pour celui-ci.

L’implication de membres de l’entourage contribue à une diminution de la détresse psychologique de ceux-ci tout en réduisant le nombre de rechutes chez la personne atteinte de maladie mentale. Cette implication doit être promue et favorisée dans les établissements responsables d’offrir des soins et des services en santé mentale. À cette fin, les intervenants doivent être sensibilisés à l’importance de la contribution des membres de l’entourage et informés sur les différentes façons de favoriser et de soutenir leur implication, tout en respectant la volonté exprimée par la personne qui reçoit des soins.

De plus, les membres de l’entourage doivent être informés sur les ressources communautaires qui leur sont destinées et y être dirigés en cas de besoin. Une attention particulière doit être accordée aux enfants dont un parent (parfois les deux) est atteint d’un trouble mental afin que ces enfants bénéficient d’un soutien et d’un accompagnement adéquats.

Aide offerte dans le réseau public

Les CISSS-CIUSSS ont une panoplie de programmes et services offerts aux personnes vivant avec un problème ou un trouble de santé mentale. La liste qui suit n’est pas exhaustive et certains des services ne sont pas offerts dans toutes les régions du Québec. Il arrive aussi que des programmes et services soient offerts par le réseau des organismes communautaires spécialisés en santé mentale et plus rarement, par le réseau privé.

Afin de favoriser le suivi médical dans la communauté de la personne vivant avec un problème ou un trouble stabilisé de santé mentale, un ou une psychiatre répondant conseille les omnipraticiens. La ou le médecin de famille peut donc ajuster ou renouveler la médication si nécessaire ou orienter la personne vers des ressources pouvant l’aider.

Accepter ou non de prendre de la médication peut devenir un enjeu important pour la personne à qui l’on a prescrit des pilules. Les médicaments arrivent à diminuer totalement ou en partie les symptômes et les effets du problème de santé mentale pour un bon nombre de personnes. Par contre, pour certaines personnes les effets secondaires ne sont pas toujours faciles à contrôler et l’absence des symptômes initiaux peut inciter la personne à délaisser la médication. Un arrêt brusque de la prise de médicaments peut avoir des conséquences graves.

Dans les années 90, une équipe de recherche et des organismes communautaires mettent au point une approche alternative de Gestion autonome de la médication (GAM)[7] :

Le but de la Gestion autonome de la médication en santé mentale est de permettre à la personne qui prend des médicaments de se rapprocher d’une médication qui lui convient et qui s’intègre dans une démarche plus large d’amélioration, de mieux-être et de reprise de pouvoir sur sa vie. Elle implique l’accès à toute l’information nécessaire concernant la médication et les alternatives.

Le Plan d’Action en santé mentale 2015-2020[8] en fait aussi mention.

  • Psychothérapies

Dans les services de première ligne en santé mentale, des services de psychothérapies à très court terme sont offerts, la plupart du temps pour accompagner la personne dans son évolution face à la problématique qui l’a amenée à consulter. Cela pourrait être de la thérapie individuelle, de couple et familiale. On peut aussi offrir de l’information sur la maladie, ses traitements, sa médication et du soutien à l’autogestion des moyens à prendre pour s’aider.

Le ministère de la Santé et des Services sociaux suit les travaux effectués par l’Institut national d’excellence en santé et en services sociaux (INESSS) sur les différents modèles permettant d’améliorer l’accès à des services de psychothérapie et les modalités de financement à mettre en œuvre à cette fin[9].

  • Hospitalisation

L’hospitalisation est parfois nécessaire pour permettre à la personne de récupérer suffisamment. Pour arriver à stabiliser l’état de la personne, il faut, dans certaines situations, utiliser de la médication et prendre le temps nécessaire pour en voir les effets positifs ou non. Diverses activités thérapeutiques sont proposées afin que la personne commence ou maintienne des objectifs de rétablissement.

  • Consultation externe en clinique de psychiatrie

La consultation externe de psychiatrie effectue des évaluations psychiatriques, des consultations et des suivis. Elle assure également le traitement de cas plus complexes.

  • Soutien d’intensité variable

Le soutien d’intensité variable (SIV) s’adresse à des personnes aux prises avec des troubles mentaux graves, mais dont le niveau de difficulté est en général moins important que celui des personnes visées par le suivi intensif, ce qui n’exclut toutefois pas des périodes de grande fragilité. La clientèle desservie a des besoins de réadaptation et de soutien.

  • Suivi intensif dans la communauté

Le suivi intensif s’adresse aux personnes ayant un trouble mental grave et dont la condition est instable et fragile. Ce suivi représente une mesure très structurante qui vise le maintien dans la communauté. Ce service est destiné à la clientèle ayant des besoins de traitement, de réadaptation et de soutien.

  • Service d’hébergement

Différents types d’hébergement transitoire, à moyen ou à long terme peuvent être proposés à la personne qui n’a pas l’autonomie nécessaire pour vivre seul ou en famille. Cela pourra être des appartements supervisés, appartements partagés ou des ressources de type familial ou intermédiaires tels que des centres d’accueil. Plusieurs hébergements sont aussi proposés par des organismes communautaires.

  • Services spécialisés

Certains CISSS-CIUSSS offrent des services spécialisés autour d’une thématique. En voici une liste (incomplète) qui permet de voir l’étendue des problèmes abordés :

Alzheimer et autres formes de démence

Déficience intellectuelle avec psychopathologie

Dépression

Gérontopsychiatrie

Psychiatrie légale

Psychiatrie périnatale

Psychiatrie et toxicomanie

Psychosomatique

Sommeil

Troubles anxieux et de l’humeur (entre autres, bipolarité)

Troubles de l’alimentation

Troubles du comportement sexuel

Troubles du spectre de l’autisme

Troubles psychotiques (entre autres la schizophrénie)

Troubles relationnels

Troubles sévères de personnalité

Équipe mobile d’évaluation de situation de crise

Programme d’interventions pour premier épisode psychotique (PIPEP)

Programme d’accompagnement justice et santé mentale

Programme d’intégration socioprofessionnelle

Programme d’itinérance et santé mentale

Les CISSS-CIUSSS offrent aussi des services spécialisés en pédopsychiatrie qui rejoignent les enfants vivant des problèmes lorsqu’ils sont repérés dès leur plus jeune âge.

[1] Plan d’Action en santé mentale 2005-2010, p. 25 https://publications.msss.gouv.qc.ca/msss/fichiers/2005/05-914-01.pdf

[2] Le guichet d’accès en santé mentale pour la clientèle adulte des CSSS : https://publications.msss.gouv.qc.ca/msss/fichiers/2008/08-914-08.pdf

[3] Plan d’Action en santé mentale 2005-2010, p. 14 https://publications.msss.gouv.qc.ca/msss/fichiers/2005/05-914-01.pdf

[4] Pour en savoir plus sur les centres de crise et leur fonctionnement : https://www.centredecrise.ca/lescentres

[5]http://legisquebec.gouv.qc.ca/fr/ShowDoc/cs/S-4.2

[6] Plan d’Action en santé mentale 2015-2020, p. 19 : https://publications.msss.gouv.qc.ca/msss/document-001319/

[7] http://www.rrasmq.com/GAM/presentation.php

[8] Plan d’Action en santé mentale 2015-2020, p. 18 : https://publications.msss.gouv.qc.ca/msss/document-001319/

[9] Plan d’Action en santé mentale 2015-2020, p. 41 : https://publications.msss.gouv.qc.ca/msss/document-001319/

J’ajouterais les effets positifs qu’une bonne prise de médication peut apportée pour balancer l’impact du message

Quels types de psychothérapies pourraient m’aider ?

Il existe de nombreuses approches théoriques pour aider les personnes à retrouver un bien-être psychologique. Certaines sont reconnues alors que d’autres sont encore à évaluer ou n’ont pas prouvé leur utilité. Nous y reviendrons un peu plus loin.

Psychothérapeute

Avant tout, intéressons-nous aux personnes qui se disent psychothérapeutes tout en sachant qu’il y a aussi des imposteurs, des gens qui s’improvisent, des incompétents, des profiteurs, des gens qui croient que leur expérience personnelle s’applique à tout le monde… Dans les médias, on rapporte des histoires parfois tragiques de personnes vulnérables qui ont été flouées dans leur recherche d’aide. Une Loi modifiant le Code des professions et d’autres dispositions législatives dans le domaine de la santé mentale et des relations humaines a été adoptée afin de clarifier au mieux, les actes posés dans différents types d’interventions du milieu de la santé mentale. Ainsi, une personne qui déclare être psychothérapeute sans être psychologue ou médecin doit détenir un permis émis par l’Ordre des psychologues reconnaissant ses compétences. Le Règlement du Code des professions décrit clairement les critères nécessaires pour être qualifiés[1].

Sur le site de l’Ordre des psychologues,[2] on trouve la définition suivante de ce qu’est la psychothérapie :

« Un traitement psychologique pour un trouble mental, pour des perturbations comportementales ou pour tout autre problème entraînant une souffrance ou une détresse psychologique qui a pour but de favoriser chez le client des changements significatifs dans son fonctionnement cognitif, émotionnel ou comportemental, dans son système interpersonnel, dans sa personnalité ou dans son état de santé. Ce traitement va au-delà d’une aide visant à faire face aux difficultés courantes ou d’un rapport de conseils ou de soutien. »

Et pour bien clarifier les rôles, le règlement précise d’autres types d’intervention qui peuvent avoir une incidence thérapeutique sans toutefois être une psychothérapie :

La rencontre d’accompagnement vise à soutenir la personne par des rencontres, qui peuvent être régulières ou ponctuelles, permettant à la personne de s’exprimer sur ses difficultés. Dans un tel cadre, le professionnel ou l’intervenant peut lui prodiguer des conseils ou lui faire des recommandations.

L’intervention de soutien vise à soutenir la personne dans le but de maintenir et de consolider les acquis et les stratégies d’adaptation en ciblant les forces et les ressources dans le cadre de rencontres ou d’activités régulières ou ponctuelles. Cette intervention implique notamment de rassurer, prodiguer des conseils et fournir de l’information en lien avec l’état de la personne ou encore la situation vécue.

L’intervention conjugale et familiale vise à promouvoir et à soutenir le fonctionnement optimal du couple ou de la famille au moyen d’entretiens impliquant souvent l’ensemble de ses membres. Elle a pour but de changer des éléments du fonctionnement conjugal ou familial qui font obstacle à l’épanouissement du couple ou des membres de la famille ou d’offrir aide et conseil afin de faire face aux difficultés de la vie courante.

L’éducation psychologique vise un apprentissage par l’information et l’éducation de la personne. Elle peut être utilisée à toutes les étapes du processus de soins et de services. Il s’agit de l’enseignement de connaissances et d’habiletés spécifiques visant à maintenir et à améliorer l’autonomie ou la santé de la personne, notamment à prévenir l’apparition de problèmes de santé ou sociaux incluant les troubles mentaux ou la détérioration de l’état mental. L’enseignement peut porter par exemple sur la nature de la maladie physique ou mentale, ses manifestations, ses traitements y incluant le rôle que peut jouer la personne dans le maintien ou le rétablissement de sa santé et aussi sur des techniques de gestion de stress, de relaxation ou d’affirmation de soi.

La réadaptation vise à aider la personne à composer avec les symptômes d’une maladie ou à améliorer ses habiletés. Elle est utilisée, entre autres, auprès des personnes souffrant de problèmes significatifs de santé mentale afin de leur permettre d’atteindre un degré optimal d’autonomie en vue d’un rétablissement. Elle peut s’insérer dans le cadre de rencontres d’accompagnement ou de soutien et intégrer, par exemple, la gestion des hallucinations et l’entraînement aux habiletés quotidiennes et sociales.

Le suivi clinique consiste en des rencontres permettant l’actualisation d’un plan d’intervention disciplinaire. Il s’adresse à la personne qui présente des perturbations comportementales ou tout autre problème entraînant une souffrance ou une détresse psychologique ou des problèmes de santé incluant des troubles mentaux. Il peut impliquer la contribution de différents professionnels ou intervenants regroupés en équipes interdisciplinaires ou multidisciplinaires. Ce suivi peut s’inscrire dans un plan d’intervention au sens de la Loi sur les services de santé et les services sociaux (L.R.Q., c. S-4.2) ou de la Loi sur l’instruction publique (L.R.Q., c. I-13.3), se dérouler dans le cadre de rencontres d’accompagnement ou d’interventions de soutien et également impliquer de la réadaptation ou de l’éducation psychologique. Il peut aussi viser l’ajustement de la pharmacothérapie.

Le coaching vise l’actualisation du potentiel, par le développement de talents, ressources ou habiletés d’une personne qui n’est ni en détresse, ni en souffrance, mais qui exprime des besoins particuliers en matière de réalisation personnelle ou professionnelle.

L’intervention de crise consiste en une intervention immédiate, brève et directive qui se module selon le type de crise, les caractéristiques de la personne et celles de son entourage. Elle vise à stabiliser l’état de la personne ou de son environnement en lien avec la situation de crise. Ce type d’intervention peut impliquer l’exploration de la situation et l’estimation des conséquences possibles, par exemple, le potentiel de dangerosité, le risque suicidaire ou le risque de décompensation, le désamorçage, le soutien, l’enseignement de stratégies d’adaptation pour composer avec la situation vécue ainsi que l’orientation vers les services ou les soins les plus appropriés aux besoins.

Les réseaux communautaire, public et privé de la santé mentale du Québec proposent ses différents moyens selon les démarches, programmes ou activités offerts à la personne vivant avec un problème ou un trouble de santé mentale.

Trouver de la psychothérapie

Pour ce qui est de la psychothérapie, l’Ordre des psychologues regroupe 8 734 membres[3] qui œuvrent surtout dans les réseaux privé et public (santé, scolaire, légale, recherche et autres). Parmi ce groupe, 2 981 travaillent exclusivement dans le privé. De plus, les membres des ordres professionnels suivants peuvent avoir fait la démarche pour obtenir un permis de psychothérapeute :

Il y a aussi l’Association des psychothérapeutes du Québec[4] qui peut être une source pour trouver un ou une psychothérapeute ayant un permis. Au moment de l’adoption de la loi modifiant le Code des professions, une clause de droits acquis a permis à des personnes qui ne sont pas membres d’un ordre professionnel, tout en ayant démontré des compétences, d’obtenir le titre de psychothérapeute. Son nom figurera sur le site des personnes autorisées de l’Ordre des psychologues[5].

L’accès à la psychothérapie dans le réseau communautaire est souvent gratuit ou, quand il y a un tarif, il est modulé en fonction des revenus de la personne. Peu d’organismes offrent de la thérapie et ils sont recherchés ! L’accès à une psychothérapie dans le réseau public est gratuit. Les rencontres sont souvent limitées à une courte période. Le ministère étudie la possibilité d’élargir l’accès et la durée des démarches psychothérapeutiques. Le communautaire et le public offrent la plupart des autres types d’intervention mentionnés plus haut (accompagnement, soutien, etc.).

Les personnes qui ont accès à des assurances maladie avec leur emploi peuvent bénéficier d’un montant pour de l’aide psychologique pendant un certain nombre de rencontres. Dans les grandes entreprises, il y a parfois du soutien offert par la direction des ressources humaines dans le cadre de programme d’aide aux employés.

Ultimement, ce sera des rencontres à payer avec des personnes professionnelles (environ de 80 $ à 130 $, le montant peut varier et il n’est pas règlementé). Les montants versés seront admissibles aux frais médicaux pour déduction fiscale.

Les approches thérapeutiques

 

Sur le site de l’Ordre des psychologues, on trouve de l’information sur les quatre grandes écoles de pensée, que l’on appelle « orientations théoriques »[6]. Ce sont quatre façons différentes de voir la psychothérapie, qui sont aussi valables et efficaces les unes que les autres. La majorité des psychologues et des psychothérapeutes s’inspirent de principes issus de différentes orientations.

L’orientation cognitive-comportementale est basée sur l’idée selon laquelle les difficultés psychologiques sont liées à des pensées ou à des comportements inadéquats. Le psychothérapeute qui adopte cette approche utilise différentes techniques et stratégies afin d’aider son client à modifier ses comportements, ses pensées et ses émotions.

Pour les tenants de l’orientation existentielle-humaniste, l’être humain possède en lui les ressources nécessaires pour se réaliser. Le psychothérapeute humaniste cherche à amener la personne à devenir consciente de ses difficultés, à les comprendre et à prendre ses propres décisions dans le but d’agir en fonction de ce qu’elle est et de ce qu’elle ressent.

Fortement influencée par la psychanalyse et faisant appel à la notion d’inconscient, l’orientation psychodynamique-analytique établit un lien entre les difficultés actuelles du client, ses expériences passées ainsi que les conflits refoulés et non résolus de son histoire personnelle. La personne est amenée à prendre conscience de l’influence de ces conflits sur son fonctionnement afin de les comprendre et de s’en dégager graduellement.

Dans l’orientation systémique-interactionnelle, on considère que les problèmes personnels surgissent et se maintiennent en raison de l’interaction entre une personne et son entourage. L’objectif de la psychothérapie systémique est de modifier les relations entre la personne et son entourage. Il est ainsi fréquent que le psychothérapeute rencontre des personnes significatives pour son client.

Des psychothérapeutes peuvent aussi utiliser un médium (la peinture, l’écriture, un animal comme un cheval, par exemple), offrir des démarches de groupe, s’être spécialisés pour des problèmes ou des situations particulières…

Quelles que soient les approches et les façons de faire, la création d’une relation d’aide suppose que la personne qui vit avec un problème ou un trouble de santé mentale réussisse à être en confiance avec le ou la professionnelle lui offrant ses services. Cette confiance est d’autant plus importante que la psychothérapie demande des efforts, parfois difficiles, pour que la personne aidée change des éléments dans sa façon de vivre.

[1] Règlement sur le permis de psychothérapeute : article 187.1 du Code des professions, C-26, dans http://legisquebec.gouv.qc.ca/fr/showdoc/cs/C-26 et tous les détails du C-26, r. 222.1 – Règlement sur le permis de psychothérapeute à http://legisquebec.gouv.qc.ca/fr/showdoc/cr/C-26,%20r.%20222.1

[2] Site de l’ordre des psychologues : https://www.ordrepsy.qc.ca/qu-est-ce-qu-une-pratique-illegale-

[3] Rapport annuel 2017- 2018 de l’Ordre des psychologues, p. 9 : https://www.ordrepsy.qc.ca/documents/26707/135241/Rapport+annuel+2017-2018/80be15ef-25c9-45aa-8690-6e3064fa03f9

[4] Le site de l’Association des psychothérapeutes du Québec : https://psychotherapeutesquebec.ca/faq/

[5] Pour vérifier si une personne est autorisée à faire de la psychothérapie : https://www.ordrepsy.qc.ca/verifier-le-droit-d-exercice#container-light-blue

[6] https://www.ordrepsy.qc.ca/les-orientations-theoriques

Connaissez-vous les organismes communautaires en santé mentale du Québec ?

Il existe environ 420 organismes offrant des programmes, activités et ressources en santé mentale au Québec. On peut aussi compter tous les autres organismes communautaires dans le secteur de la santé et des services sociaux (environ 5 000) qui assurent des services à de nombreuses personnes vivant avec des problèmes de santé mentale parmi les gens qui bénéficient de leurs services.

Une étude[1] publiée en 2009 a tenté de déterminer les types d’organismes œuvrant en santé mentale :

Centres de crise, de prévention du suicide et d’écoute desservant l’ensemble des troubles mentaux

Groupes d’aide aux familles et aux proches

Groupes d’entraide où les services sont offerts principalement par des pairs

Groupes de défense des droits (au moins un groupe dédié par région administrative du Québec)

Groupes offrant un milieu de vie, dont les activités se déroulent dans leurs locaux à certaines heures prédéterminées

Organismes de suivi dans la communauté

Organismes d’intégration au travail

Organismes de promotion de la santé mentale offrant des services à la population générale

Ressources d’hébergement offrant des services 24 heures/7 jours à leurs résidents

En plus des types énoncés, on doit ajouter les organismes :

qui offrent de la psychothérapie,

qui offrent des activités de croissance personnelle,

qui s’adressent aux communautés ethnoculturelles,

qui offrent des emplois,

qui offrent un hébergement avec ses services 5 jours semaine ou moins,

qui gèrent des logements avec ou sans supervision avec ou sans activités,

qui offrent des programmes, activités et ressources selon le type de problème (schizophrénie, trouble de l’humeur, trouble de l’alimentation, etc.) ou de solutions (entendeurs de voix, pairs aidants, etc.).

Dans la plupart des régions du Québec, on peut retrouver ces types d’organismes. Certains organismes vont cumuler plusieurs services. La plupart vont aussi recommander aux personnes d’autres endroits quand leur organisme ne peut pas répondre aux besoins de la personne. Pour plusieurs organismes, il n’y a pas d’exigences de savoir s’il y a un diagnostic ou non en santé mentale. Souvent, il suffit que la personne reconnaisse qu’elle vit des problèmes.

Pour commencer une recherche, voici quelques regroupements. Notez qu’aucun de ces regroupements ne rejoint tous les organismes concernés puisque l’adhésion à ces regroupements est libre à chaque organisme :

Réseau communautaire en santé mentale COSME

http://cosme.ca/qui/

Regroupement des ressources alternatives en santé mentale (RRASM)

http://www.rrasmq.com

Association des groupes d’intervention en défense des droits en santé mentale du Québec (AGIDD-SMQ)

http://www.agidd.org

Regroupement des Services d’Intervention de Crise du Québec (RESICQ)

https://www.centredecrise.ca

Avant de craquer : Fédération d’organismes voués au mieux-être de l’entourage d’une personne atteinte de maladie mentale.

https://www.avantdecraquer.com

Regroupement des centres de prévention du suicide du Québec (RCPSQ)

https://rcpsq.org

Il existe aussi des regroupements régionaux d’organismes communautaires en santé mentale dans plusieurs régions administratives du Québec, sous forme d’organisme permanent ou de table de concertation plus ou moins formelle.

Une autre source d’information et d’aide ; l’Info-Social 811 qui est un service de consultation téléphonique gratuit et confidentiel du ministère de la Santé et des Services sociaux. Il se décrit comme suit[2] :

Composer le 811 permet de joindre rapidement un professionnel en intervention psychosociale en cas de problème psychosocial. Le service est offert 24 heures par jour, 365 jours par année. Toute personne résidant au Québec peut appeler Info-Social 811 pour elle-même ou pour un proche.

Les professionnels du service Info-Social 811 donnent des conseils et peuvent répondre aux questions d’ordre psychosocial. Ils peuvent aussi, au besoin, vous référer vers une ressource appropriée dans le réseau de la santé et des services sociaux ou une ressource communautaire.

Voici des exemples de situations où vous pouvez appeler Info-Social 811 :

Vous traversez une situation qui vous fait vivre de l’anxiété.

Vous avez des inquiétudes pour un proche.

Vous vivez des difficultés dans votre famille ou votre couple.

Vous vivez un deuil.

Vous avez des questions concernant d’autres situations ou comportements qui vous inquiètent.

[1] Rapport d’appréciation de la performance du système de santé et de services sociaux 2012 sur le secteur de la santé mentale. Commissaire à la santé et au bien-être, p. 96 https://www.csbe.gouv.qc.ca/fileadmin/www/2012/SanteMentale/CSBE_EtatSituation_SanteMentale_2012.pdf

[2] Plus de détails sur l’Info-Social 811 : https://www.quebec.ca/sante/trouver-une-ressource/info-social-811/